Portrait #3 – Grégoire Lassalle

Actuellement Président de Vamonos films, anciennement PDG d’AlloCiné et membre du think tank Valeur(s) Cultures, Grégoire LASSALLE a accepté de répondre à nos questions concernant la diffusion de la culture par le cinéma.

Valeur(s) Cultures : En tant qu’ancien PDG d’AlloCiné, vous avez joué un rôle majeur dans la diffusion de la culture. Comment estimiez-vous l’impact de votre action dans le monde du cinéma ?

Grégoire LASSALLE : AlloCiné est perçu par les spectateurs comme la réponse immédiate à leurs différentes demandes touchant le cinéma. En effet, ce site permet de consulter les horaires de séances, les critiques de films, les bases de données et les bandes annonces. Je pense que le site est un outil utilisé par 3 millions de personnes chaque jour (site et appli mobile) pour confirmer ou infirmer leur choix.
Le fait de ne pas prendre position sur un film est par ailleurs un gage d’objectivité de la part d’AlloCiné.
Quant à l’impact que le site peut avoir, il est à chercher aussi auprès des professionnels (Distributeurs et producteurs) qui ont bien saisi l’importance d’émerger via la publicité (plus de 8 films à l’affiche chaque semaine).
Par ailleurs, la base de données (la plus grande du Monde avec IMDB) est utilisée plusieurs millions de fois chaque jour pour de multiples raisons (amateur de films, chercheurs, dîners entre amis ou recherches d’un fan…)

 

V(S)C : Face au streaming et à la dématérialisation des supports, pensez-vous que le cinéma soit en perte de vitesse ?

Le cinéma en salle reste la locomotive d’un film et sa vitrine. Les entrées depuis les années 2000 flirtent avec les 200 millions d’entrées chaque année et ne baissent pas. La rénovation des salles (le parc français est reconnu comme le meilleur au Monde) y est pour beaucoup.
A chaque fois qu’ on me le demande, je répète que partager une émotion dans une salle obscure avec son fiancé, ses enfants ou ses amis est une expérience très forte…
Enfin face à l’essor de la dématérialisation, les producteurs et les salles ont su développer de nouvelles normes visuelles et sonores qui donnent à certains films une expérience unique à vivre.

V(S)C : On vous sait très investi dans le soutien à l’éducation en Afrique notamment. Le cinéma vous semble-t-il un support pédagogique adapté ?

J’ai créé il y a quelques mois un fonds de dotation (Cornélius) dédié à l’éducation et à l’accès à l’eau. Notre première expérience sera, lors de l’inauguration d’une école et d’un dispensaire que nous réalisons en Côte d’Ivoire, de projeter sur un écran géant, un film (pas encore choisi) sur la place du village devant 3 000 personnes qui n’ont jamais vu un film !!!
Je pense surtout à l’aspect récréatif sur cette opération plus qu’à l’aspect pédagogique. Il y a tant de choses à faire dans ce village  que j’ai préféré construire une bibliothèque (ce sera la première dans cette région du Nord). J’espère que la vidéothèque  suivra très vite…quand nous aurons généralisé l’accès à l’électricité !!

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